Article paru dans le journal SUDOUEST Pays Basque le 29 décembre 2007
GRAND FROID Depuis le 10 décembre, toutes les nuits, les quarante bénévoles de la Protection Civile veillent aux personnes sans domiciles qui sont en difficulté
Le goût des
autres
Jeudi soir. La
température ne dépasse pas zéro. La veille sociale, plu
s
connu sous le nom de Plan grand froid, est déclenchée. Rendez-vous à la
petite villa Air et Soleil devant le stade d'Aguiléra. Elle abrite les
secouristes de l'association départementale de protection civile des
Pyrénées-Atlantiques (ADPC 64).
La protection civile ? Cela ne vous évoque peut-être rien. Vous les avez
même certainement confondus avec la Croix Rouge. Dans la villa, on retrouve
d'ailleurs les deux uniformes autour d'une table. Tenue orange et bleue pour
les uns, rouge et beige pour les autres. Le café fume, chocolats et gâteaux
sont servis. L'ambiance est chaleureuse.
Entraide.
Il est 22h30.
La
Croix Rouge du BAB passe le relais de la veille sociale à la protection
civile. La présidente de l'ADPC 64, Régine Daguerre, se réjouit de cette
collaboration : « Notre partenariat avec la Croix Rouge est remarquable,
c'est une véritable entraide basée sur la mutualisation des secours. Cela se
fait dans un respect mutuel ».
Une heure plus tard, les équipes se séparent. La protection civile est en
poste. Ces secouristes ne font pas la tournée dehors. Leur mission ?
Répondre aux appels du 115 et du SAMU pour apporter secours. Ce soir ils
sont quatre sur la quarantaine de bénévoles que compose l'association.
Chacun tient un rôle bien défini pour la nuit : un chef d'équipe, un
chauffeur, un équipier et un standar
diste.
Tous sont bénévoles. A chacun son métier : ambulancier, salariée en
formation ou même étudiante. Ils prêtent main forte à l'ADPC le soir et le
week-end. Didier Gélos, ambulancier pour le Samu, parle d'un «bénévolat
méconnu». Elodie, étudiante, ressent le besoin de se sentir utile. Pour
Yohann Yvonet, gendarme, c'est « l'amour du métier » qui l'amène ici.
Laurent Leman, responsable de la communication de l'association, ne reste
pas cette nuit. Il est venu rendre visite à l'équipe de copains : « Quand on
ne sait pas quoi faire, on vient ici ! » Pour Régine, la raison de ces liens
tient « au microclimat basque qui apporte un esprit de convivialité assez
unique. »
Ce soir, ils sont donc présents pour le Plan
grand froid mais, d'ordinaire, « on fait moins
de social ». Leurs missions sont variées : des matchs de rugby, aux courses
de chevaux en passant par les fêtes de Bayonne. Ils sont équipés : cinq
ambulances pour l'antenne de Biarritz et de Pau et deux 4/4. Des équipements
qu'ils achètent eux même grâce, notamment, aux formations qu'ils proposent.
Logés dans cette maison par la mairie de Biarritz depuis septembre, ils se
réfugiaient auparavant dans un hangar où « l'encre de la photocopieuse
gelait en hiver ». Il est une heure du matin. Les «
professionnels
bénévoles » vont bientôt s'allonger. Un repos jusqu'à 7 heures, si la
sonnerie du téléphone ne les réveille pas. Cette nuit là, ils ont pu dormir
jusqu'au bout.
Cécile Bourgneuf

