La Protection civile en exercice de taille réelle
Les
installations de l'ex-Safam ont servi de cadre,
samedi matin, à une manœuvre grandeur nature des sauveteurs. Thème de
l'exercice : un tremblement de terre.

PHOTO JEAN-DANIEL CHOPIN
Pour cet
exercice, les sauveteurs ont dû évacuer des
décombres dix " victimes"
La friche
industrielle des anciennes fonderies de Mousserolles, autrement dit
l'ex-Safam,
ressemble aujourd'hui à s'y méprendre à un décor de cinéma destroy
taillé sur
mesure pour un Wim Wenders. En attendant sa reconversion en zone
artisanale, le
site, qui est en passe d'être acquis par la Cabab, peut aussi se prêter
à
d'autres utilisations. Ce fut le cas samedi matin, avec un exercice de
grande
ampleur pour les dizaines de bénévoles que compte la Protection civile
dans le
département.
Le thème
était on ne peut plus d'actualité. Il s'agissait d'intervenir après un
violent
tremblement de terre laissant de nombreuses victimes prisonnières des
décombres. Dix blessés, très exactement, étaient ainsi bloqués dans
l'édifice
samedi matin pour les besoins de la cause. Peu après plusieurs équipes
de
secouristes arrivaient sur les lieux, bien reconnaissables dans leur
tenue bleu
et orange.
Cohésion
de
groupe
Très vite,
elles entraient en action. Recherche et repérage des victimes,
sécurisation et
mise en condition de transport pour ces dernières, enfin évacuation
vers les
ambulances. Des opérations qui répondent à une procédure très stricte
et
longuement répétée durant le reste de l'année. « Mais, pour ce type
d'exercice,
rien ne vaut un lieu adapté et aussi proche de la réalité du terrain
comme
celui-ci », assure Laurent Léman, l'un des animateurs de cette matinée.
Les voix
crachent dans les talkie-walkie, les ordres fusent, le va-et-vient des
sauveteurs s'intensifie. Parfois on discerne un petit peu d'énervement
quand
les choses ne vont pas tout à fait comme elles devraient. Sous le
regard des
moniteurs, les bénévoles rectifient le tir et perfectionnent leur
geste. Chacun
est dans son rôle, chef d'équipe, logisticien, ambulancier… Il faudra
bien deux
heures pour mener à bien l'ensemble des opérations, mais à l'arrivée
c'est un
sentiment de satisfaction qui domine.
« L'intérêt
d'un tel exercice, c'est surtout de travailler la cohésion de groupe et
la
communication entre des personnes qui ne se connaissent pas forcément
très
bien, c'est aussi important que les gestes d'intervention et le respect
des
procédures », commente André Dambrine, le directeur départemental de la
Protection civile, qui coordonne l'intervention, avec, à ses côtés, le
responsable opérationnel, Alban Davancaze.
De
Haiti aux
Fêtes de Bayonne
Une
quarantaine de bénévoles, sur la centaine que compte la Protection
civile dans
les Pyrénées-Atlantiques, ont pris part à cette manœuvre grandeur
nature. «
Nous en faisons une par an, en alternance entre Pays basque et Béarn »,
note
Laurent Leman. Histoire d'être fin prêt pour le moment où il s'agit de
plonger
dans le grand bain d'une catastrophe bien réelle.
Un membre de
l'unité départementale a ainsi fait partie des secours en Haïti en
janvier
dernier. Mais la Protection civile est aussi présente sur des missions
moins
dramatiques. Elle a, par exemple, porté assistance aux routiers bloqué
par la
neige à la frontière franco-espagnole l'hiver dernier.
Elle
installe également des postes des secours sur de nombreux événements, à
la
demande des organisateurs. C'est le cas par exemple pour les matches de
l'Aviron Bayonnais au stade Jean-Dauger, le festival Euskal Herria
Zuzenean, ou
encore les courses de chevaux à l'hippodrome des Fleurs, à Biarritz.
Et puis, il y a le rendez-vous annuel des Fêtes de Bayonne, au cours duquel la Protection civile intègre le dispositif général de secours mis en place par les pouvoirs publics. Mais elle fait intervenir à cette occasion pas moins de soixante-dix personnes et mobilise pour cela sur le plan national. « C'est pour ceux qui viennent une autre manière de faire les Fêtes de Bayonne », disent, en souriant, les responsables locaux.
Philippe Hemmert
Article paru dans le journal SUDOUEST Pays Basque le 17 mai 2010

